Ecrire de l'heroic-fantasy

C'est ici que tout commence

Bonjour à vous !

Et à vous aussi. Et à vous là-bas.

 

Vous avez l'immense honneur de vous trouver sur un blog répertoriant des textes d'heroic-fantasy créés lors d'un atelier d'écriture au Café-lecture les Augustes à Clermont-Ferrand (Puy de Dôme, 63). J'en suis l'animateur et c'est avec une grande fierté que je fais publier les textes des participants ici-même !

Hormis les textes, vous y trouverez les dates des prochaines sessions d'atelier mais aussi des liens vers d'autres sites donnant des conseils d'écriture sur ce genre. La liste grandira au fur et à mesure.

En espérant sincèrement que ce blog vous plaira,

Rémi

Si vous êtes intéressé par cet atelier et que vous souhaiteriez participer à une session ou ne serait-ce qu'y assister, indiquez le dans un commentaire et je vous recontacterais.

 

Quelques liens :

Le Café-lecture les Augustes : http://www.cafelesaugustes.fr/

Quelques jeux d'écritures : http://www.zulma.fr/nouveau-nouveau-magasin-ecriture.html

Un site duquel je m'inspire pour faire mes ateliers : http://histoires-de-romans.e-monsite.com/

Un site de référence sur ce genre : http://www.fantasy.fr/ ou encore http://www.elbakin.net/

Le site des Livres de Poches : http://www.pochesf.com/index.php?page=home

 

Plume

 

Prochaine séance le samedi 22 mars de 14h à 16h, qu'on se le dise !!

J'annonce aussi que j'envisage de travailler sur un projet de podcast sur la Fantasy (dans son ensemble et en voyant les oeuvres de quelques auteurs), alors s'il y en a qui serait intéressé de suivre cela, faites moi signe ;-)

 

 

 

Posté par Remi_fantasy à 23:16 - Commentaires [0] - Permalien [#]


Petits explicatifs

speed_lac_72

 

Tout d'abord, rappelons ce qu'est le genre littéraire de la fantasy pour les néophytes :

Connu également sous le nom du Merveilleux, il prend ses origines dans les mythes et légendes d'antan, les récits médiévaux et les croyances populaires. Le cadre de l'histoire est quasi-toujours dans une période médiévale, ce qui permet alors d'en exploiter tout le potentiel à la fois historique, social, culturel, religieux, technique, imaginaire...

Et c'est sans compter sur toutes les superstitions qu'on peut connaitre, ce qui amplifie l'aspect merveilleux de l'histoire avec d'immenses dragons siégeant au sommet des donjons, les preux chevaliers et leurs idéaux de bravoure, l'éternelle lutte entre la Lumière et les Ténèbres...

Enormément d'auteurs ont su laisser leur marque dans ce genre et il serait trop long d'en lister les meilleurs. Bien sûr, on ne peut pas faire l'impasse sur John Ronald Reuel Tolkien qui a grandement contribué à la cause, ce dont certains feront de lui le père fondateur de la fantasy moderne. Un peu comme Isaac Asimov pour la science-fiction !

Il existe aussi plusieurs sous-catégories de fantasy (principalement inventées par les éditeurs pour les référencements) tel que l'heroic, la dark, la high, l'urban, la light...

Chaque style peut avoir ses auteurs de références ou même ses héros. A ce propos, certains personnages restent encore actuellement des icones incontournables comme Harry Potter, Conan le barbare, Elric de Melniboné, Aragorn, Geralt de Riv...

 

Concernant les ateliers d'écriture que j'ai animé, je ferais quelques articles où j'explique la façon dont je procède avec quelques petits excercices très simple que vous pourrez refaire de votre côté si le coeur vous en dit. Attention, je ne prétend absolument pas détenir LA méthode pour devenir un Maître en la matière mais c'en est une parmi tant d'autres et j'espère juste qu'elle puisse être véritablement profitable.

Posté par Remi_fantasy à 00:08 - Commentaires [0] - Permalien [#]

Comment aborder la fantasy ?

Dans un premier temps, je vais vous expliquer ma méthode pour aborder la fantasy.

Mon but final pour cet atelier est que les participants créés une histoire originale qui leur soit propre.

Tout d'abord, il faut la voir par thématique.

Mes séances s'axent surtout sur un sujet à chaque fois, par exemple pour la 1ère, nous avons travaillés sur la création du personnage et du scénario.

Pour la suivante, nous avons vus différents systèmes politiques à intégrer dans le scénario et travailler sur des descriptions de monuments ou de paysages.

La 3ème a été sur les combats et la magie en s'aidant d'extraits de séries ou de films tels que les Chroniques de Lodoss, Games of Thrones ou Terremer.

La 4ème a été sur la cartographie et le bestiaire.

La prochaine sera sur les méchants et les Ténèbres.

Hormis les thématiques, il est parfois proposé quelques petits excercices d'entraînement, histoire de travailler sur le thème.

Voyons en quelques uns désormais...

Posté par Remi_fantasy à 00:17 - Commentaires [0] - Permalien [#]

Textes d'entraînement n°1

Et voici 2 textes réalisés avec pour consigne de faire une suite de texte d'un paragraphe extrait d'Elric de Melniboné de Mickael Moorcock et un autre consistant à créer une histoire courte avec un début et une fin donnée (de mon invention).

Place à l'artiste, Yvain !

Ils chevauchèrent sous une pluie battante qui chantait sur les rochers, accompagnés par les hurlements funèbres du vent. Sous un ciel couleur de plomb, leurs trois petites silhouettes avancèrent rapidement vers la ligne noire des montagnes qui surplombaient le monde comme un Dieu ténébreux. Peut-être était-ce vraiment un Dieu qui riait, alors qu'ils approchaient des premières collines, à moins que ce ne fût le vent s'engouffrant dans le mystérieux inconnu des canyons et des précipices, ou caressant le basalte et le granit des pics solitaires. Des nuages d'orage se formaient autour de ces derniers et le doigt gigantesque des éclairs allait d'un geste saccadé fouiller la terre.

Les pierres se rebellèrent sous l’action des esprits et déchargèrent leur haine en bas du col. Telianor se mit à hurler. Le premier, il avait distingué une forme sombre se rapprocher progressivement de leur position. Le rocher manqua d’écraser Aliane, qui esquiva le danger grâce à son habilité à cheval. Les trois aventuriers se replièrent alors derrière une voute naturelle creusée par le temps. La pluie redoubla. Les chevaux, nerveux, étaient difficiles à tenir et la cavité dans laquelle ils s’étaient réfugiés ne pouvait abriter autant d’êtres.

           Dans le chaos de larmes et du vent venus des hurlements célestes, une menace bien plus grande encore parvient à l’orée du col de Zengass. Alors que Telianor, Aliane et Greztk attendaient patiemment la fin du désordre, une créature sans nom s’avançait devant eux pour leur annoncer leur imminente fin aux Pics Solitaires.

    Quand Aliane devina sa présence, elle lâcha, stupéfaite la bride de son cheval. Ce dernier disparut dans l’ombre. L’assemblée accepta le défi les armes à la main. Ils ignoraient à qui ils faisaient face, mais cela n’avait guère d’importance. Dans leurs yeux ont lisait cette évidence agenouillée devant une mort imminente.

 

 

Le 2ème, toujours d'Yvain

          Elle passa les portes de la ville en se mêlant à la population, marchands, pèlerins, voyageurs et alla droit là où elle était attendue. La ville était bien assez grande pour se perdre, aussi fallait-il faire preuve de prudence pour ne pas tomber sur un coupe-gorge.


          Elle emprunta les voies bruyantes de Sgar Ilia, où les étals de poissons et de laines dessinaient l’allée marchande jusqu’au fort. Arrivée sur la place où trônaient fièrement la statue de l’intendant du 1er Age Fiarhens VI, elle bifurqua vers les quais où dormaient les barques délivrées de leurs lourdes cargaisons. La brume ne laissait entrevoir que les cordes des premières passerelles. A l’entrée des docks, elle descendit un petit escalier en bois et se présenta devant une petite porte ravagée par l’humidité. Elle frappa quatre coups avec lenteur et la porte s’entrouvrit brusquement, laissant apparaître un visage suspicieux. Un homme barbu, après vive reconnaissance, la salua et lui demanda d’entrer prestement.A l’intérieur, on devinait deux autres hommes éclairés par la lumière des torches. Elle se présenta d’un simple signe de la tête, puis un bref silence envahit la pièce.

              Elle sortit alors un petit coffret de sa poche et le posa sur une petite table, à proximité d’un écoulement de cire.

              Le contact s’empara de la boîte et vérifia la marchandise. Il lui adressa alors un regard signe d’acquiescement.

             Cette affaire était terminée, elle n'avait plus rien à faire ici. Prenant sa bourse qui l'attendait sur la table, à côté des chandelles, elle partit sans demander son reste.

 

Posté par Remi_fantasy à 00:33 - Commentaires [0] - Permalien [#]

Textes d'entraînement n°2

Même consigne que précedemment mais par Thierry

Ils chevauchèrent sous une pluie battante qui chantait sur les rochers, accompagnés par les hurlements funèbres du vent. Sous un ciel couleur de plomb, leur trois petites silhouettes avancèrent rapidement vers la ligne noire des montagnes qui surplombaient le monde comme un Dieu ténébreux. Peut-être était-ce vraiment un Dieu qui riait, alors qu'ils approchaient des premières collines, à moins que ce ne fût le vent s'engouffrant dans le mystérieux inconnu des canyons et des précipices, ou caressant le basalte et le granit des pics solitaires. Des nuages d'orage se formaient autour de ces derniers et le doigt gigantesque des éclairs allait d'un geste saccadé fouiller la terre.

Plantée au sommet d'un pic aux falaises acérés, surplombée de ce ciel éternellement menaçant, se dresse Cumorg, une sombre demeure de pierres aux flèches pointant les cieux comme un défi permanent lancé à d'ineffables puissances surnaturelles.
Les trois cavaliers noires font grimper leurs puissantes montures, naseaux dilatés, bouches fumantes, sur l'unique route qui monte au château, étroite, escarpée et tortueuse, bordée par un précipice meurtrier. Sur leur passage, des pierres dévalent la falaise en torrent.

A l’intérieur du castel, dans la salle d’où s’ouvre le pont-levis, la grande roue autour de laquelle s’enroule une lourde chaîne se met à tourner toute seule, comme actionné par un fantôme de géant. Le tablier s’abaisse pour laisser entrer à brides abattus les nouveaux arrivants. Les trois cavaliers, encapuchonnés, mettent pieds à terre dans l’écurie. L’un d’eux, d’un geste, intime l’ordre aux autres de l’attendre et prend la direction du haut donjon de pierre noir sans qu’aucun des gardes du bastion, comme envoûté, ne puissent s’interposer.

A l’intérieur, la silhouette abandonne son long manteau détrempé sur le sol comme une mue. C’est une très jeune femme, grande et mince, qui se présente ainsi dans la grande salle de Cumorg. Ses yeux sont noirs et ses cheveux bruns sont coupés très courts. Son nez et ses pommettes bronzées sont saupoudrés de taches de rousseurs. Elle porte un pourpoint et une jupe longue de velours renforcé, bleus sur violet. Les lourdes portes de la salle s'ouvre pour la laisser passer et se referme derrière elle. L’Amonfadar, ogre massif, est assis, calé dans un grand fauteuil capitonné de velours noir devant l'antre d'une cheminée colossale, le visage dans l’ombre. Il tient ouvert un livre de philosophie moderne.

- Mes hommages… cousin, commence la jeune femme avec malice. Quel exploit ! En moins de 30 ans, vous avez soufflé une ombre a un seigneur du Chaos. Je reconnais là notre sang.

L'Amonfadar reste silencieux.

- Je viens à toi parce que tu peux m'être utile. Je vais te payer grassement mais il faudra m'être fidèle... du moins autant que peut l'être une personne de la famille. Je peux t'inviter à manger quelque chose ?

Elle ferme les yeux tout en conservant son sourire. Elle les ouvre sur une table de banquet médiéval débordante de nourritures avec de confortables fauteuils à chaque extrémité. Sans aucune réaction, Fost regarde la jeune femme s'assoir.

- Tu n'est pas facile à surprendre. C'est un atout pour une personne de ta qualité. Cela éloigne le ridicule et renforce l'image d'invulnérabilité qui est celle des grands, dit la jeune femme sur le ton de la conversation.

L’Amonfadar ne répond pas.

- Ma présence fait naître des questions, n'est-ce pas ? Je vais répondre à certaines d'entre elle. Michel, c'est bien ton prénom, le vrai ?

L'Amonfadar ne répond pas.

- Michel, tu es de sang royale. Il n'en existe pas de plus royal dans tout l'empire. Le sang d'Obéron coule dans tes veines. Michel, tu es un prince d'Ambre.

La jeune femme attend l'effet de sa déclaration sybilline. L'Amonfadar écoute. Elle récite :

- De substance, il n'y a qu'Ambre, la cité réelle, édifiée sur la Terre et qui contient tout. Ambre par son existence même, a fait naître ses reflets dans toutes les directions. L'Ombre s'étend entre Ambre et le chaos, et toute chose peut arriver entre ces limites. Ton empire n'est qu'une ombre d'Ambre, Michel. Il n'y a que toi et moi qui sommes réels ici. Si l'on est prince ou princesse de sang, on peut modifier les ombres jusqu'à atteindre l'ombre désirée voir Ambre elle-même. Mais vous apprendez cela en temps voulu. Donnez moi la main, je vais vous montrer.

Elle lui tend la main. Dehors la tempête enrage de plus belle. Michel s'ébranle comme une statue de marbre noir, se lève... Il mesure presque deux mètres et il est vêtu d'un ample manteau sombre dont le capuchon dissimule son visage. Le monstre tend une paluche énorme à la gamine.

- Regardez la cheminée, dit-elle

Ils font un pas à la manière de danseurs de menuet ; le deu disparaît. Un autre pas, le couple se retrouve dans l'obscurité. Le silence se fait. Un pas, l'obscurité se change en pénombre, la pénombre en sous-bois, le sous-bois en clairière.

- Nous sommes dans une ombre voisine, un monde à côté du votre dans mon esprit, explique-t-elle.

Elle s'assoit dans l'herbe. Il fait nuit. l'air est meilleur qu'à Cumorg. Michel reste debout.

- Vous avez vous aussi ce pouvoir à l'état latent. Mais pour l'exprimer, il vous faudra passer une épreuve. Pour cela il vous faudra aller en Ambre et traverser la Marelle.

Elle le regarde droit dans les yeux. Elle effleure son esprit. Elle sent à quel point il est fort malgré son âge.

- Je vais vous expliquer...

Michel écoute la jeune femme parler d'Ambre et de la Marelle originel. Elle lui dresse un tableau de la cour d'Ambre et de son histoire. Elle nomme les trois premiers rois d'Ambre : Obéron, Eric, et l'actuel roi Random. Elle décrit sommairement la guerre de succession que se livrent les princes d'Ambre, lui parle des menaces que celle-ci a fait courir au royaume. Elle insiste plus particulièrement sur l'étrange pouvoir dont le sang d'Ambre est dépositaire.

- Michel, Ambre est la seule réalité. Elle est en de mauvaises mains. Le roi est faible et mal conseillé. Ces ennemis sont forts, invisibles et trop près du trône.

La jeune femme est toujours assise dans la clairière. Michel est debout et lui tourne le dos.

- Je vais vous aider à regagner votre rang, Michel d'Ambre.

- En échange de quoi... vous m'aidez à donner une leçon au roi Random pour qu'il reconsidère ses appuis politiques.

Michel considère la question un long moment.

- Je vous écoute, conclut-il.

- Je vais vous donner un moyen d'accéder à la salle de la Marelle dans les caves du château d'Ambre.

Elle sort d'un replis de sa jupe une lame de tarot

- Ceci est un atout. Il représente la salle de la Marelle et peut vous y mener. Je vous apprendrez à vous en servir. Sur place, il vous faudra faire vite. Vous emprunterez le chemin dont l'entrée est située sur le pourtour extérieur du cercle. Je dois vous prévenir, c'est dangereux et terriblement éprouvant. La Marelle peut tuer. Suivez le chemin. Ne vous en écartez pas ; ne reculez jamais. Quand vous serez au milieu, vous vous concentrerez sur votre salle du trône pour y revenir. Vous serez transformé à jamais.

- Après quoi...

- Vous conduirez à travers Ombre les guerriers-ouvriers de Cumorg pour assiéger Ambre.

Michel tend la main vers la lame. La jeune femme la ramène à elle.

- Cet atout, c'est un pacte !

Elle lui tend la lame. Michel prend l'objet. Elle lui explique le fonctionnement des atouts. Michel comprend vite et cela semble plaire à la jeune femme. En quelque pas, la jeune femme le ramène dans la salle du trône. Et disparaît comme elle était venu. Michel tient l'Atout dans la main gauche et pose sa main droite sur l'image. Le contact est froid. Le corps s'engourdit, la vision se trouble et Michel se retrouve dans la cave du château entre la lourde porte et les lignes d'énergie de la Marelle...

 

 

Il/elle passa les portes de la ville en se mêlant à la population, marchands, pèlerins, voyageurs et alla droit là où il/elle était attendu. La ville était bien assez grande pour se perdre, aussi fallait-il faire preuve de prudence pour ne pas tomber sur un coupe-gorge.

 

Depuis quelques mois la cité d'Ambre reçoit la visite régulière d'un étrange pêcheur. L'homme est grand et de forte stature. Il porte un ample manteau sombre à larges pans et son visage est toujours dissimulé dans l'ombre d'un grand chapeau rond, noir. Il est chaussé d'énormes croquenots et porte d'épais pantalons gris.

Son bateau, un frêle et sombre esquif de quinze pieds de long, poussé par des voiles auriques noires étrangement gréées, est l'un des plus agiles qu'on ait vu en Ambre. Le pêcheur le dirige avec l'art des grands pilotes de navires. Une paume souple sur la barre et une main rapide sur les cordages de manoeuvres courantes, il se joue des vents, chevauche les courants et contournent, avec l'élégance d'un marsouin, les pièges des passes ambriennes. On dit qu'il est de la confrérie des Navigateurs du Cercle d'Or. Comment pourrait-il en être autrement ? Il semble connaître parfaitement les routes secrètes entre le prime anneau et Ambre.

Impressionnant, il parle haut le thari avec un fort accent du Lambay et ne s'en laisse pas compté sur le prix de ses produits. Il vient pour vendre sa pêche du jour dans la cité et il la vend à prix d'or... en main propre. Il n'accepte pas d'intermédiaire : c'est directement du pêcheur au consommateur. Les maisons les plus riches d'Ambre lui sont ouvertes et lui réservent le meilleur accueil. En effet, l'homme est intarissable sur sa pêche et la cuisine qui s'y rapporte. Il vous parle avec une passion communicatrice, comme on parle d'un amour tout chaud, de fritures, de brandades, de soupes ou de bouillabaisse mais surtout il ramène toujours avec lui les plus extraordinaires prises qu'on ait jamais étalé sur la place du marché d'Ambre : des girelles azurées d'une taille impressionnantes, des sarrans géants, de la rascasses arc-en-ciel, des vieilles tigrées... Il lui arrive même parfois de ramener un spécimen de la légendaire truite ambrée, l'inégalé poisson préféré de feu ce viandard d'Obéron, l'un des rares points en commun entre ce père et son fils, le roi Random.

La truite ambrée est un poisson de mer aussi rare qu'il est fin au goût. Il n'en existe pas de meilleur. Il ne vit que dans l'océan d'Ambre et n'a pas d'équivalent en Ombre. C'est un animal rusé qu'il est difficile de prendre au piège sans une grande astuce et une infinie patience...

La journée a été particulièrement chaude en Ambre. En cette fin d'après-midi, le ciel est bas et l'air est pesant. L'orage couve. C'est un temps fidèle à l'humeur du jour du roi Random. Exaspéré par les lourdeurs de sa fonction, le jeune monarque tente une escapade sur le port. Grimé et revêtu de vêtements bourgeois commun, il part lui-même à la recherche de ce pêcheur dont on parle comme d'un magicien et qui aurait toujours dans sa pêche miraculeuse des truites ambrées, l'un des poissons préférés de l'ambrien et l'un des plus difficiles à se procurer.

Ramdom aborde l'homme franchement, sans précaution :

- Bonjour pêcheur. Je voudrais voir ce que tu as à vendre. Qu'est-ce que tu me proposes ?

Ses lourds croquenots bien à plat sur le quai, les jambes pliées à angle droit dans leurs épais pantalons gris, le torse sous le gros manteau noir comme une voile au vent et les épaules aussi larges qu'une vergue de grand mat, le sombre pêcheur est assis, colossal, sur une des bittes d'amarrage du port, dos à la mer. Sous son énorme patte gauche gauche, il tient une tourte de pain à croûte épaisse et, entre le pouce et l'index, un gros morceau de fromage sec. Dans son autre battoir, il a un impressionnant couteau au manche sculpté dans un os de baleine, son pouce sur le fil de la contre-lame. La tête baissée, dissimulée sous son grand chapeau rond, il regarde ses mains découper, avec des gestes calmes, un gros éclat de frometon que la lame enfourne dans sa trappe de géant. Derrière il amène le pain dont il arrache une bouchée d'un coup de molaires redoutables. Il mâche doucement. Puis le cycle recommence inexorable.

Une fois... deux fois... Comme si le pêcheur était décidé à ignorer Random. Mais alors que le roi est sur le point de se sentir offensé, le gargantuesque noiraud relève la tête. Son regard reste dans l'ombre de son chapeau. Il toise le petit bonhomme qui lui fait face. Enfin il casse le silence relatif du port toujours en effervescence.

- Cela dépend de ce que tu es prêt à faire pour manger un plat... de Roi, l'ami.

Sa vois est sombre comme un vent de tempête sur une mer déchaînée, arrosée par un fort accent du Lambay, l'une des ombres du Cercle d'Or. Fermement, il ajoute :

- Je considère mes prises comme de ma famille. Je ne les vends pas pour une bouchée de pain et pas à n'importe qui. Je tiens à voir de mes yeux comment elles seront dans l'assiette. Tu comprends que je vis de la réputation que me font mes clients. Je ne peux me permettre de faire les frais d'un mauvais marmiton.

Il pointe la lame de son couteau par-dessus son épaule pour indiquer l'étrange navire qui se trouve derrière lui :

- J'ai là de quoi faire une bouillabaisse que ne mérite pas même le roi Random. Fais moi confiance. Invite l'humble pêcheur que je suis dans ton foyer l'ami, et sur ton feu, pour un prix que tu pourras payer, je te montrerai.

L'homme baisse à nouveau la tête et continue son petit-déjeuner, apparemment indifférent à ce qu'on pourrait lui répondre.

Random apprécie de marchander et n'aime pas perdre à ce jeu :

- Montre-moi ta pêche que je juge sur pièce.

Le pêcheur noir ne lèvre même pas la tête de son casse-croûte. Il coupe un dé de fromage, l'amène à sa bouche sur la lame de son couteau puis arrache, d'un coup de molaire, un morceau de pain. Il mâche lentement comme si Random n'était pas là, la lame du couteau sur une cuisse et la provende sur l'autre, puis il avale.

Il range tranquillement les reliefs de son repas dans un sac de tissu qu'il porte en bandoulière et fait disparaître, avec la dextérité d'un prestidigitateur, son couteau dans un pli de son manteau. A ce simple geste, Random constate que l'homme est rapide et très adroit de ses mains.

Il place les mains sur l'intérieur de ses genoux et se dresse sur ses jambes comme une montagne. Il dépasse le roi d'Ambre d'au-moins deux têtes et d'une largeur d'épaule. Il se retourne et descend sur la sombre embarcation amarrée au quai.

Le pêcheur se penche, attrape un cordage et d'une main, remonte une grande nasse dégoulinante, de laquelle il extirpe un salmonidé grand comme son bras. Il tient le poisson d'une poigne ferme, bien en évidence, pour que Random ait le temps d'admirer une truite ambrée vivante, couverte de cette fine cotte d'écaille dorée. Il dit :

- Vous n'en trouverez pas de plus fraîche l'ami.

Il l'a remet dans la nasse qu'il remet dans l'eau. Il ajoute avec un rictus ineffable :

- Bien sûr, il te faudrait le trésor d'Obéron pour te payer ce luxe ou que tu sois un diable de bon gars à connaître et que ça me donne envie de venir te faire à dîner chez toi pour un prix modique.

Random est piqué au vif mais reste prudent contre sa nature. Il sent un piège :

- Je cuisine moi-même mais je suis prêt à te payer un prix qu'on ne te proposera pas ailleurs.

Le pêcheur s'agenouille dans le bateau pour se laver les mains dans l'eau en disant :

- Tu sais l'ami, j'ai déjà tout ce qu'il me faut et je ne laisserai personne d'autre que moi cuisiner ce poisson. Passe ton chemin et trouve-toi un autre pêcheur.

Il se redresse et attrape calmement un cordage. Il commence à appareiller doucement son esquif, sans faire attention à Random, en vue du départ.

Voilà des mois que Michel préparait minutieusement cette rencontre. Des semaines durant, il avait enquêter sur Random. Dans le cercle d'Or, il avait trouvé plusieurs portraits du monarque ambrien, des monographies et de nombreuses descriptions, plus ou moins fleuries, du bonhomme. Par recoupement, il avait fini par dégager les grands traits du Roi Random. Mais, à en écouter parler ses sujets, il s'en était fait une image morale tout autre. Sa chance, un peu forcée par des marches en Ombre, avait été d'avoir pu s'adjoindre les services de plusieurs maître de la pêche en mer, des sommités en écologies marines et autres sorciers des mers. Il avait appris en quelques années tous les tours de magie de la vieille et avait commencé à inventer les siens. Il s'intéressait à un poisson en particulier, un animal légendaire dont le jeune Random était friand, d'autant plus que c'était l'une des seuls choses qu'il partageait avec son père : la truite ambrée, un poisson qui n'existe nulle part en Ombre. Patiemment, des mois durant, Michel avait appris tout de la vie de cet animal fabuleux et avait mis au point une technique de pêche efficace pour s'approvisionner régulièrement en truite ambrée, malgré l'extrême rareté de ce salmonidé doué pour l'esquive. Il avait ensuite travaillé à se faire une réputation de pêcheur miraculeux dans la Cité d'Ambre en attendant que cela attire la curiosité de Random. Un grand chapeau et un fort accent du Lambay avait fait le reste.

Michel était finalement déçu... déçu par ce roi qu'on lui avait décrit comme curieux, hédoniste, joueur et affablé... certainement le meilleur de sa famille. Voilà qui en disait long sur la famille en question. En fait, il était simplement rongé par la peur des siens. Il avait reconnu le sang d'Ambre et l'Empreinte de la Marelle, c'était évident. Dara avait été clair sur le sujet : il ne pourrait dissimuler ça longtemps en présence d'un prince d'Ambre expérimenté. Mais il ne voulait apparemment rien savoir de ce nouveau parent qu'il venait de se découvrir. Très bien. Cela en disait assez. Michel avait d'autre tâche maintenant.

 

Cette affaire était terminée, il/elle n'avait plus rien à faire ici. Prenant sa bourse qui l'attendait sur la table, à côté des chandelles, il/elle partit sans demander son reste.

----------------------------------------------------------------------

 

L'atout commandé par le roi ne renvoie l'image que d'une chimère. Il manque trop de détail pour lui donner vie. Comme Random, personne en Ambre n'a jamais vu le visage du pêcheur noir. Sans l'ombre d'une piste, les meilleurs limiers royaux font chou blanc et le pêcheur noir ne revient plus en Ambre. Il aurait été si facile d'en savoir plus.

 

 

 

 

 

 

Posté par Remi_fantasy à 00:44 - Commentaires [0] - Permalien [#]

Création personnelle n°1 : Rêves cachés d'un guerrier

Et voici en exclusivité un de mes textes originels que j'ai pu écrire il y a déjà quelques temps. L'histoire d'un guerrier solitaire vivant entre réalité et rêveries...

 

 

Un immense champ de fleurs sous un ciel bleu. Le vent balaye les fleurs d’une caresse légère et fait voler les pétales et le pollen dans le ciel. Une petite fille cours au milieu du champ en riant, tournant sur elle-même. Elle s’assoit par terre et regarde dans la direction d’un arbre, alors elle fait des signes avec son bras à la femme qui se trouve au tronc. Celle-ci répond en faisant le même geste et regarde ensuite au sol où quelqu’un est endormi, profitant ainsi de l’ombre de l’arbre.

Il ouvre les yeux et regarde cette femme et lui parle, mais il n’entend pas ce qu’il dit. Elle lui répond en riant, mais là encore, il n’entend pas la voix. Il se redresse et voit la petite fille assise dans les fleurs et décide de la rejoindre pour jouer avec elle. Il court et c’est alors que la distance qui les sépare se rallonge au fur et à mesure qu’il avance. Le rire de la petite fille devient de moins en moins audible, mais l’homme ne semble pas s’en rendre compte. Le ciel s’assombrit et les fleurs fanent d’elles-mêmes, le vent s’arrête et bientôt, la petite fille devient trop distante pour lui. Alors il s’arrête et regarde autour de lui.

L’arbre où se trouvait Naganë, sa femme, ont eux aussi disparu. Asmoclès crie le nom de sa fille, Noganë, mais là encore, il n’entend pas sa propre voix. Il hurle dans le silence, se croyant muet, plongé dans une obscurité qui s’étend autour de lui, se rapprochant lentement de ses pieds.

L’ombre commence à grimper ses jambes alors qu’Asmoclès continue d’appeler sa femme et sa fille, ne voyant pas que son corps disparait dans l’obscurité. Quand l’ombre s’empare de sa tête et entre dans sa bouche, il se met alors à pousser un hurlement démentiel, et entend enfin sa voix.

Mais c’est trop tard, Asmoclès disparait entièrement et sa voix s’éteint d’un seul coup.

 

Asmoclès ouvre les yeux et pousse un soupir. Encore une fois, il a fait ce cauchemar qui hante son sommeil depuis plusieurs années. Tous les soirs, il espère que ce rêve ne se produira pas, mais il faut croire que cette requête ne lui sera pas accordée. Il s’est alors dit que le moment où il arrêtera de revivre cette scène sera celui de sa mort. Dans la mort il ne rêvera plus et pourra alors rejoindre ces deux personnes qui lui sont tellement précieuses.

Les moments passés avec eux sont maintenant révolus. Asmoclès se le répétait pour se faire une raison et voulait en finir avec ces réminiscences. Repenser à eux continuellement ne l’aiderait pas, mais il ne voulait pas les oublier pour autant. Aujourd’hui, il avait mieux à faire que de se ressasser le passé. Il se leva, s’étira et se s’habilla. Un nouveau combat l’attendait d’ici peu de temps, aussi devait-il faire bonne figure et se préparer convenablement.

Car Asmoclès est un gladiateur. Il combat dans le Colisée de la planète Hettys pour le bonheur de la foule. Il se moquait bien de l’appréciation du public à son égard, tout ce qui comptait pour lui était de toucher sa solde et de finir les combats entier et vivant. Celui qui devait avoir lieu n’allait pas être facile. Son adversaire était un colosse de presque deux mètre cinquante, originaire d’une planète voisine. La taille importait peu pour Asmoclès. Dès qu’il trouvera où se situe le point faible de son ennemi, le combat tournera à son avantage. Car il avait le don pour repérer les failles de ses ennemis, que ce soit dans la cuirasse ou dans les tactiques de combat, Asmoclès trouvera le détail qui causera la perte de son adversaire.

Il avait confiance en lui mais sans faire d’excès de zèle. Pour peu que sa stratégie se retourne contre lui, l’ennemi pouvait alors tout aussi bien en finir avec lui. Il se souvenait de certains combats qui auraient pu lui être fatal s’il n’avait pas eu l’idée de revoir sa tactique au dernier moment pour s’en sortir.

Car les combats de gladiateurs sur la planète Hettys étaient tous des combats à mort et le Colisée offrait un droit de non-lieu à tous les combattants, c'est-à-dire que d’où qu’ils viennent et quoi qu’ils aient pu faire, les combattants n’avaient plus rien à craindre des lois.

La plupart des gladiateurs étaient des hors-la-loi, bandits en tout genre venu profiter de l’asile que le Colisée donnait. La seule condition était de se battre sur le sable de l’arène pour profiter de cet état de grâce. Les combats avaient lieu toute la journée sans interruption. Le nombre de gladiateurs changeant tous les jours (que ce soit par les morts ou les arrivées des nouveaux combattants), le spectacle ne s’arrêtait jamais, pour le plus grand bonheur de la foule.

Asmoclès n’avait pas été un hors-la-loi à proprement parler dans son passé, mais après avoir perdu sa femme et sa fille, il n’avait plus rien à perdre ou à gagner, et par dépit, s’était enrôler dans les tribunes du Colisée. A ses débuts, il avait eu comme adversaires des débutants, comme lui. Il n’eut pas trop de mal à les vaincre, même si certains d’entre eux étaient des psychopathes en cavale ayant tués un grand nombre de personnes.

Au fur et à mesure, Asmoclès s’était forgé un nom et une réputation. Il était devenu Edréfeth le Précis, du fait de son talent à viser juste. Il avait toujours remporté tous ses combats, mais il savait bien qu’un jour il tomberait sur un adversaire plus fort que lui. Ainsi était la loi de la nature. Il y a toujours une personne plus forte que soi qui prendra notre ascendant.

Jusqu’à ce que cet instant arrive, Edéfeth le Précis enchainera ses victoires et restera en vie.

Asmoclès enfile son armure, prend ses armes et se dirige vers l’entrée de l’arène, casque à la main. Il porte à la ceinture son épée, le bouclier est attaché dans le dos et porte une lance dans la deuxième main. Il s’est aussi équipé d’un filet accroché à sa ceinture pour immobiliser son ennemi ainsi que d’un poignard. Il marche dans le couloir qui l’amène à l’arène. Ce couloir est obscur, sale, et seul la lumière provenant du bout l’éclaire. Asmoclès avance donc dans l’obscurité, seulement guidé par la lumière qui lui fait face.

Il entre dans l’arène et se retrouve sous les acclamations de la foule. Asmoclès prend tout de même la peine de les saluer et met son casque sur la tête. Il aperçoit alors son nouvel adversaire qui s’approche. Il s’agit effectivement d’un combattant de taille comme lui avait dit son entraineur. C’est un colosse à la peau écailleuse et à la stature imposante qui portait un fléau et le faisait tournoyer au-dessus de sa tête.

Asmoclès réfléchit en un éclair à la façon de le vaincre. A bien voir son adversaire, celui-ci était doté non seulement d’une armure recouvrant son corps, mais aussi d’écailles, ce qui lui donnait alors deux protection. De plus, sa taille hautement supérieure à celle d’Asmoclès pouvait aussi lui donner un avantage d’allonge. Néanmoins, ce reptile géant ne semblait muni que de ce fléau et d’aucunes autres armes. Se déplaçait-il rapidement ?

Pour en avoir le cœur net, Edrefteh lui fit signe de s’approcher pour le narguer. Le colosse poussa un hurlement gutturale, plaça le manche de son fléau entre ses dents, se mit à quatre pattes et s’élança sur Asmoclès. Sa vitesse était fulgurante, à tel point que le gladiateur adverse n’eut pas le temps de réagir, et Edrefeth se fit violemment percuter par ce reptile et se retrouva plaqué au sol en un rien de temps.

Asmoclès était devenu la proie et son prédateur comptait bien en faire son repas. Il ouvrit grand sa gueule et se prépara à plonger ses crocs dans la gorge de cet humain insignifiant quand il sentit un objet tranchant se planter dans sa trachée. Asmoclès venait de se libérer un bras et avait enfoncé son poignard à travers les écailles. Il eut alors la certitude que si sa peau écailleuse était assez solide à traverser, l’intérieur de son corps était complètement mou.

Asmoclès profita de cet instant de répit pour agrandir la plaie qu’il venait d’ouvrir et égorger son adversaire. Le sang lui giclait dessus à mesure qu’il tranchait et le reptile hurlait comme un dément. Finalement, Edrefth le Précis parvint à traverser la barrière écailleuse de son ennemi, et pour couronner le tout, il enfonça encore plus profondément sa lame dans la chair pour achever son ennemi.

Le reptile s’effondra sur le côté et ne bougea plus, se vidant de son sang verdâtre. Asmoclès se dégagea et brandit son poing en signe de victoire. La foule l’acclama de toutes parts et les ovations fusaient. Une fois de plus, Edrefeth le Précis venait de vaincre. Il s’apprêta à retourner dans ses vestiaires quand un nouveau gladiateur entra dans l’arène. Celui-ci s’approcha d’Edrefeth et baissa son pouce en direction du sable, signe qu’il comptait le tuer.

Asmoclès avait encore mal à cause du plaquage et il n’avait pas encore repris son souffle qu’un nouveau combat l’attendait. Qu’à cela ne tienne ! Il prit son bouclier et son épée et se mit en garde. Son nouvel adversaire faisait sa taille mais son armure noire était assez impressionnante, tout comme la faux qu’il tenait comme arme. Même si le contrecoup du précédent combat le lançait encore, il se sentait tout à fait en mesure de se battre.

C’est alors que ce nouvel adversaire prit la parole et dit :

« Appelle-moi Shagôn la Faucheuse, celle qui te libérera de cette vie de combats ».

« Qu’est-ce qui te fais croire que j’ai envie de me libérer de cette vie ? Et puisque tu as eu l’amabilité de te présenter, laisse moi en faire de même. Je suis Edrefeth le Précis, celui qui trouve toujours l’endroit juste ».

Shagôn le salua et lui sauta dessus. La faux se rapprochait à grande vitesse du cou d’Edrefeth et celui-ci para l’attaque avec son bouclier, qu’il plaça in-extremis au bon moment. Il profita de l’avoir bloqué pour porter une attaque avec son épée. Il visa directement la visière des yeux du heaume pour atteindre la tête et vite en terminer avec ce combat.

La lame de l’épée percuta le heaume sans pour autant le traverser ni même l’égratigner. Asmoclès frappa de nouveau au même endroit mais sans plus de résultat. A force d’attaquer le heaume avec ardeur, l’épée se fissura, alors Shagôn attrapa Asmoclès au cou et serra avec une telle force qu’il était sur le point de l’étrangler en moins d’une minute.

Asmoclès laissa tomber son épée devenue inutile et tenta de se libérer de l’étreinte de Shagôn. Même le métal de son armure n’avait pas pu arrêter cette attaque. Il ne parvenait plus à respirer ou à forcer cette étreinte. Asmoclès se refusait à mourir ici et maintenant, surtout de cette manière. Pourtant, il était totalement impuissant en cet instant. L’armure de Shagôn arrêtait ses armes et sa force le dépassait en tout point.

Asmoclès cessa de se débattre, sa résistance étant inutile. Il sentait que la douleur diminuait, que son souffle se faisait moins rapide. Continuer de se battre ne servait plus à rien. Il entendit vaguement le public pousser des hurlements de stupeur mais tout cela n’avait plus d’importance.

Mourir au combat était le souhait de tous guerriers. Asmoclès en était devenu un, alors ce vœux était maintenant le sien. Il devait le reconnaitre, depuis qu’il était venu au Colisée, la seule chose qui l’importait était d’en finir avec la vie. Cet endroit était pour lui comme une sorte de purgatoire, un lieu où il finirait ses jours après avoir tout perdu. Plus rien ne le retenait dans la vie, il le savait pertinemment. Le cauchemar qu’il faisait toutes les nuits était en fait un appel des âmes de sa famille, il venait juste de le comprendre. La strangulation de Shagôn venait de l’aider à saisir cette vérité.

C’est alors que Shagôn le libéra. Asmoclès tomba à genoux et s’accrocha à son armure noire pour ne pas s’effondrer au sol. L’air s’engouffra dans ses poumons et se mit à tousser. Il leva les yeux vers son adversaire et murmura quelque chose, une phrase que seul son interlocuteur ne put entendre.

Shagôn consentit.

Asmoclès se releva et se stabilisa debout. Ses forces ne lui permettaient même plus de s’enfuir. Shagôn prit sa faux à deux mains et se prépara à attaquer. Asmoclès ne faisait aucun signe de résistances, on aurait plutôt dit qu’il attendait d’en finir. Il vit l’arme salvatrice fondre sur lui…

Un grand flash blanc.

Asmoclès ouvrit les yeux et se releva. Il remarqua alors qu’il était allongé sous l’arbre dans le champ de fleurs et que sa femme Naganë le regardait. Il aperçut alors ensuite Noganë, sa fille, courant au-milieu des fleurs.

Il entendit Naganë lui parler, lui disant d’aller jouer avec sa fille. Asmoclès se dirigea alors vers Noganë et le champ ne s’agrandit pas à mesure qu’il s’approchait d’elle. Il la prit dans ses bras et l’embrassa sur la joue. Il était tellement heureux de cet instant qu’il avait du mal à retenir des larmes de joie de couler de ses yeux.

Dans ce champ de fleurs, Asmoclès n’avait plus besoin de livrer le moindre combat, personne à affronter ni même pour l’acclamer. Finalement, Shagôn la Faucheuse lui avait rendu un immense service en accédant à sa requête. Il venait enfin de retrouver sa famille disparue. Plus rien d’autre ne comptait pour lui désormais.

 

Posté par Remi_fantasy à 20:43 - Commentaires [0] - Permalien [#]

Création personnelle n°2 : Chemin de traverse

Et de nouveau un texte de mon cru qui a été lu à une lecture publique avec une petite mise en scène bien sympathique.

 

 

Le désert de Nasgarh s’étendait à perte de vue et au-delà encore. C’était un endroit hostile et complètement inhospitalier, battu par des vents aux forces colossales. L’endroit était soit torride sous le soleil, soit complètement glacial sous la lune. Personne ne vivait dans ces contrées car personne ne le pouvait. Malgré tout, un peuple résidait aux abords de Nasgarh mais c’était une tribu isolée qui avait besoin de traverser le désert pour contacter le reste du monde. Et actuellement, la situation au village était telle qu’une expédition devait être montée impérativement pour parvenir à ravitailler les habitants.

Le seul problème était que la traversé du désert nécessitait plusieurs jours de marche à l’aveugle au milieu des rafales de sable et avait aussi pour réputation d’être un périple sans retour. Peu de courageux se proposaient alors mais la nécessité faisant loi, un groupe fut monté et chargé d’atteindre l’autre bout du désert pour y rejoindre la civilisation et de s’approvisionner en vivre. Sans quoi, le village entier était condamné à disparaitre…

Pour survivre au désert de Nasgarh, le groupe composé d’une vingtaine de personne était muni de tenue résistante au vent et au sable mais aussi d’une relique sacrée, une pierre capable de se diriger dans le désert. Son pouvoir était qu’elle émettait une protection autour de ses porteurs et qu’elle s’illuminait ou déclinait en fonction de la route emprunté. Pour faire simple, si le groupe était dans la bonne direction, la pierre brillait. Dans le cas contraire, elle s’éteignait doucement. Cet artefact était l’objet le plus important du village puisqu’il créait un chemin de traverse dans le désert. A l’origine, c’était un rocher entier mais pour pouvoir le rendre plus transportable par les explorateurs, il avait été divisé en plusieurs fragments mais son pouvoir en était alors divisé. Les porteurs devaient donc se trouver très proches les uns des autres pour que l’efficacité de la gemme retrouve son pouvoir et les protège tous ensemble.

Avec la bénédiction des esprits de leurs ancêtres, les explorateurs s’aventurèrent dans le désert de Nasgarh. Les premières dunes passées, le vent et le sable les assaillirent comme pour les ensevelirent vivant mais le pouvoir de la pierre se manifesta et les enveloppa d’une barrière. Ne craignant alors plus de disparaitre, les aventuriers continuèrent leur périple.

Le voyage dura pratiquement sept jours complets durant lequel cinq hommes périrent d’épuisement. Suite à ça, le pouvoir cumulé des fragments de pierre diminua alors, la protection contre le désert devenant moindre.

Des silhouettes de bâtiments, signe de la civilisation, se dessinèrent à l’horizon. L’expédition retrouva alors un deuxième souffle d’espérance et raffermit son avancée. Sur place, ils prirent ce dont ils avaient tous besoin au village ainsi que des bêtes de traits pour le transport. Ils repartirent ensuite dans la direction de leur foyer et de nouveau, le désert tenta de les avaler mais la protection des pierres demeurait vivace.

Sept nouveaux jours de marche les attendaient mais là aussi encore une fois, six hommes perdirent la vie. Le groupe s’interdisait de puiser dans les réserves prévues pour le village, leur intérêt personnel ne pouvait pas primer, même dans cette situation de survie extrême.

Suite aux pertes, la protection de la pierre diminua encore. Le groupe était réduit de moitié et la puissance de la barrière invisible contre le sable aussi. Nasgarh s’acharnait à les recouvrir et à les digérer en lui, à décomposer leurs corps et à les assimiler au sable. Le groupe parvint malgré tout à retrouver son village d’origine et à réapprovisionner les habitants. Grâce fut également rendue à la pierre magique et à l’inestimable chemin de traverse qu’elle créée.

 

Posté par Remi_fantasy à 21:24 - Commentaires [0] - Permalien [#]

Création personnelle n°3 : Lanterne

Et voici un texte réalisé dans le cadre d'un atelier d'écriture aux Augustes sur le thème de... la lanterne ! A prendre au tout dernier degré.

 

 

William errait sans but précis dans l’obscurité de la campagne. Non seulement il faisait froid mais de plus, son état d’ébriété n’arrangeait rien à la situation. William s’était fait jeter du troquet où il se rendait tous les soirs, il ne voulait pas payer sa bouteille de whisky et avait insulté la serveuse. Donc jeter dehors comme un malpropre dans la nuit profonde, William ne marchait pas droit sur un sol qui tanguait dangereusement dans son esprit.

– Où vas-tu donc, mon ami ?

William ne comprit pas tout de suite que quelqu’un lui adressait la parole. Ce n’est qu’après s’être lamentablement ramassé par terre qu’il remarqua qu’une paire de pieds illuminée s’approchait de lui. Il releva encore un peu les yeux et distingua que les pieds appartenaient à un homme tenant une lanterne.

Cet homme répéta sa question et William parvint à se redresser et à lui répondre quelque chose que seuls les hommes soûls peuvent comprendre.

– Je vais t’aider à rentrer chez toi, dit alors l’homme à la lanterne.

William entendait mais ne comprenait pas ce que cela signifiait. Il voulu lui répondre mais rien d’intelligible ne sortit de sa bouche. L’inconnu lui tendit sa lanterne et William la prit en croyant la voir en 3 exemplaires.

– Et maintenant, éclaire-toi.

L’inconnu disparut alors, comme un rêve, au contraire de l’incohérence qui agitait l’esprit de William. Ne cherchant pas à en savoir plus, il continua sa route pendant un long moment. Curieusement, plus il avançait, plus l’obscurité prenait de la place et semblait se resserrer sur lui. La lueur diffusée par sa lanterne rétrécissait et William commença à avoir peur.

Néanmoins, les vapeurs de whisky lui insufflait de garder courage et de cogner le premier qui oserait le déranger, aussi William poursuivit sa route. La lumière de la lanterne s’agrandit alors et William regagna un peu de confiance.

Il marcha pendant un temps qu’il ne pouvait pas mesurer mais il remarqua quand même que le sol en terre battue sous ses pieds n’existait plus, il n’y avait que de l’obscurité autour de lui. William redevenait lucide à mesure qu’il avançait et se demanda où est-ce qu’il avait bien pu atterrir. Il repensa alors aux paroles de l’inconnu. Eclaire-toi, avait-il dit. Etait-ce au sens propre, alors ? Puisqu’il n’y avait que des ombres, William devait-il les faire partir ?

Eclaire-toi, cette indication résonnait dans son esprit.

William marcha sans chercher à comprendre à quel moment il serait assez éclairé.

La lumière de la lanterne sortit de son réceptacle et fila droit devant lui, illuminant un point précis. William craignit qu’elle ne disparaisse alors il courut et courut jusqu’à se faire happer par la lumière.

William se réveilla au milieu d’un champ avec un mal de tête fracassant, une motte de terre dans la bouche et le beuglement des vaches dans les oreilles. Il se releva et vit une lanterne brisée à ses pieds. Il se demanda alors si cet inconnu qui lui avait donné cette lanterne l’avait fait pour l’aider ou lui faire faire un voyage intérieur. William décida tout de même d’arrêter le whisky et rentra chez lui par la vraie route, ne sachant pas s’il devait remercier cet inconnu…

 

Posté par Remi_fantasy à 21:27 - Commentaires [0] - Permalien [#]