Et voici un texte réalisé dans le cadre d'un atelier d'écriture aux Augustes sur le thème de... la lanterne ! A prendre au tout dernier degré.

 

 

William errait sans but précis dans l’obscurité de la campagne. Non seulement il faisait froid mais de plus, son état d’ébriété n’arrangeait rien à la situation. William s’était fait jeter du troquet où il se rendait tous les soirs, il ne voulait pas payer sa bouteille de whisky et avait insulté la serveuse. Donc jeter dehors comme un malpropre dans la nuit profonde, William ne marchait pas droit sur un sol qui tanguait dangereusement dans son esprit.

– Où vas-tu donc, mon ami ?

William ne comprit pas tout de suite que quelqu’un lui adressait la parole. Ce n’est qu’après s’être lamentablement ramassé par terre qu’il remarqua qu’une paire de pieds illuminée s’approchait de lui. Il releva encore un peu les yeux et distingua que les pieds appartenaient à un homme tenant une lanterne.

Cet homme répéta sa question et William parvint à se redresser et à lui répondre quelque chose que seuls les hommes soûls peuvent comprendre.

– Je vais t’aider à rentrer chez toi, dit alors l’homme à la lanterne.

William entendait mais ne comprenait pas ce que cela signifiait. Il voulu lui répondre mais rien d’intelligible ne sortit de sa bouche. L’inconnu lui tendit sa lanterne et William la prit en croyant la voir en 3 exemplaires.

– Et maintenant, éclaire-toi.

L’inconnu disparut alors, comme un rêve, au contraire de l’incohérence qui agitait l’esprit de William. Ne cherchant pas à en savoir plus, il continua sa route pendant un long moment. Curieusement, plus il avançait, plus l’obscurité prenait de la place et semblait se resserrer sur lui. La lueur diffusée par sa lanterne rétrécissait et William commença à avoir peur.

Néanmoins, les vapeurs de whisky lui insufflait de garder courage et de cogner le premier qui oserait le déranger, aussi William poursuivit sa route. La lumière de la lanterne s’agrandit alors et William regagna un peu de confiance.

Il marcha pendant un temps qu’il ne pouvait pas mesurer mais il remarqua quand même que le sol en terre battue sous ses pieds n’existait plus, il n’y avait que de l’obscurité autour de lui. William redevenait lucide à mesure qu’il avançait et se demanda où est-ce qu’il avait bien pu atterrir. Il repensa alors aux paroles de l’inconnu. Eclaire-toi, avait-il dit. Etait-ce au sens propre, alors ? Puisqu’il n’y avait que des ombres, William devait-il les faire partir ?

Eclaire-toi, cette indication résonnait dans son esprit.

William marcha sans chercher à comprendre à quel moment il serait assez éclairé.

La lumière de la lanterne sortit de son réceptacle et fila droit devant lui, illuminant un point précis. William craignit qu’elle ne disparaisse alors il courut et courut jusqu’à se faire happer par la lumière.

William se réveilla au milieu d’un champ avec un mal de tête fracassant, une motte de terre dans la bouche et le beuglement des vaches dans les oreilles. Il se releva et vit une lanterne brisée à ses pieds. Il se demanda alors si cet inconnu qui lui avait donné cette lanterne l’avait fait pour l’aider ou lui faire faire un voyage intérieur. William décida tout de même d’arrêter le whisky et rentra chez lui par la vraie route, ne sachant pas s’il devait remercier cet inconnu…